Avec sa toraca (mot valise formé de toro et vaca), Hélène Couturier aborde les rapports de domination : genre, travail, invisibilisation.
La toraca comme métaphore sociale.

La silhouette de la toraca est un détournement du taureau Osborne. « Enfant je croisais sur les routes d’Espagne son énorme silhouette noire patriarcale. Quelques années plus tard je l’ai visualisée avec une mamelle. »
Dans l’étable la vache est esclave : soumise au rythme infernal de la production laitière. Son corps est une ressource. Elle est invisible jusqu’à sa mort à l’abattoir.
En opposition, le taureau est exposé. On le célèbre. Il est visible, jusqu’à sa mort qu’il affronte debout dans l’arène.
Différence de genre : différence de statut.
Dans le monde des humains : même dispositif. D’un côté des existences assignées et de l’autre des existences libres ou en tous cas reconnues comme telles. Reconnaître la domination là où elle se cache le mieux : dans ce qui paraît naturel au quotidien.
Être né du bon côté du genre. Le taureau est conscient, il n’a aucune envie de changer de genre et il le dit :
NUL NAÎT VACHE VOLONTAIREMENT



